On aurait dû se réveiller ensemble.

A nouveau à côté l’une de l’autre.

Comme avant elle aurait dormi d’une traite.

Comme avant je me serais levée au moins 4 fois faire pipi dans la nuit.

On aurait peut-être été un peu gêné de re-dormir ensemble après tout ce temps.

On en aurait probablement rigolé.

Et on serait descendu attaquer l’énorme breakfast de l’hôtel.

On aurait retrouvé ma mère qui aurait plutôt bien dormi mais qui nous aurait quand même avoué avoir eu du mal à trouver le sommeil après la soirée exceptionnelle passée au London Palladium.

J’aurais dit “quand même Jamie Cullum sur scène, ça vaut le déplacement ! J’ai bien fait de vous trainer, non ? “

Carole aurait répondu “évidemment, ça fait un moment que tu m’as contaminée ! Et puis ce London Palladium, quelle salle magnifique ! Rien que pour l’architecture, je suis contente d’être venue”.

Ma mère aurait acquiescé “oui, depuis le temps que tu m’en parles, je suis contente de l’avoir vu ce petit Jamie. Bon, j’aime toujours mieux quand ça chante en français mais c’était bien.”

Elle aurait marqué un petit temps et elle aurait rajouté, la larme à l’oeil, “enfin quand même, ça vaut pas mon Johnny au Royal Albert hall !”

Je me serais boulottée des pancakes aux fruits ; les deux autres se seraient gavées du traditionnel “english breakfast” avec des oeufs brouillés, des saucisses, des beans, des potatoes, du cheese et des toasts ! Et quelques fruits pour faire glisser le tout…

“On mangera pas à midi” ! On dit toujours ça et on finit toujours par acheter un petit truc à grignoter dans un des nombreux “Prêt à Manger” de la capitale anglaise.

On aurait quitté l’hôtel pour aller marcher sous le soleil “parce qu’on dit qu’il fait toujours moche à Londres mais c’est pas vrai. Nous, on a toujours de la chance”.

Carole nous aurait traînées dans un musée repéré depuis six mois. “il y a une expo que je veux absolument voir”. On l’aurait suivie en faisant semblant de râler mais j’aurais quand même avoué “on est là depuis 4 jours et on a quasiment fait que du shopping ! Ca va nous changer un peu !”. Ma mère aurait cédé volontiers, sa valise étant déjà bien pleine !

On aurait pris le bus plutôt que le métro. “On n’est pas des rats” aurait répété Carole “et puis c’est plus facilement accessible pour ta mère qui a mal aux genoux et on voit plus de choses durant le trajet”.

On aurait aussi beaucoup marché. C’est grand Londres. Avec ce beau temps, on se serait promené le long de la Tamise. On aurait demandé à la reine mère (surnom plus approprié que jamais) de nous prendre en photo pour l’envoyer à JB afin de lui souhaiter un “Happy Birthday”.

La veille, juste avant le concert, on avait fait un selfie toutes les 3 pour l’envoyer à Caroline pour son anniversaire également. La pauvre nous avait répondu qu’elle aurait donné cher pour être avec nous ! Maybe next time !

L’après-midi, fatiguées, on aurait craqué pour un afternoon tea vers 17h.

Carole aurait dévoré les scones. Ma mère aurait dit que “c’est quand même bien étouffe-chrétien ces trucs”. Je n’en aurai mangé qu’un parce que j’aurais déjà pris moult finger sandwiches.

Et puis discrètement, j’aurais emballé 2 scones dans une serviette en papier pour les donner à Carole “pour ton breakfast demain” ! Elle aurait rigolé en me disant ” t’es dingue, ils ne passeront pas la Manche ! Faudra bien que je m’occupe dans l’Eurostar” !

On l’aurait accompagnée au train parce que “la gare de St Pancras est tellement jolie, c’est l’occasion de la revoir “.

On se serait quitté un peu triste mais pas trop parce que ” de toutes façons on s’appelle et on se voit bientôt” !”

Ma mère aurait dit “c’était quand même une bonne idée de se retrouver ici toutes les 3” et ça, ça nous aurait un peu fait briller les yeux parce qu’on se souvient toujours de ce premier séjour à Londres ensemble, il y a 12 ans après la mort de mon père.

Carole serait rentrée finir ses vacances à Paris. Nous, on serait resté encore 2 jours. Le temps d’aller manger chez Bryn Williams at Sommerset House.

Parce que le bâtiment est beau, que la cuisine est bonne et que c’est le mari de Sharleen Spiteri et qu’on ne sait jamais… Si elle venait lui apporter son iPhone qu’il a bêtement oublié ce matin à la maison…

Voilà comment aurait dû se passer ce vendredi 20 mars 2020.

Ne t’inquiètes pas Londres. On reviendra.

Et ne vous inquiétez pas.

I’m fine.

And hope from the bottom of my heart that you are too.

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