C’est mon dernier post de la semaine. Je rentre samedi et demain, je n’aurai pas le temps.
Sauf événement hallucinant à vous raconter bien sûr ! Genre croiser Sharleen Spiteri en train d’acheter du reblochon sur le marché…

Je pense que vous ne m’en voudrez pas. Si ? Non ? Noooooooon.

Et pour ce dernier post sur ce revigorant séjour à Megève, je vais me faire un petit égo trip avec des photos de Jodie et moi.

La première est déclarée « portrait officiel de Jodie saison d’hiver 2022 ».
(Elle est belle hein ?)


La deuxième… Faut que je vous raconte. Je ne suis pas une grande marcheuse. Faut vraiment qu’il y ait une motivation et une raison de marcher sinon je trouve que ça n’avance pas et je m’ennuie. Alors à part en voyage pour visiter une ville et au quotidien pour promener Jodie, je ne marche pas beaucoup. Surtout quand ça monte parce que je n’ai aucune endurance (peut-être en raison d’une anémie chronique ?) et que j’en bave. Avec ma scoliose j’ai rapidement mal au dos donc non seulement je n’éprouve aucun plaisir mais au contraire, je souffre. Cette semaine, comme j’ai pas mal vadrouillé, je me suis en plus déclenché un mal au genou droit. (Fait pas bon vieillir je vous l’accorde). Résultat, habituellement c’est dur à la montée mais je m’éclate à la descente et là, c’était douloureux dans les deux cas !
Alors, pour m’économiser le genou, j’ai tenté de glisser… sur mon C… puisque je n’ai pas de luge magique pliée en douze dans mon sac à dos. (Croyez bien que je le regrette). Imaginez-moi, assise dans la neige, tentant désespérément de me donner de l’élan en agitant vigoureusement les pieds et les mains !
Je crois que je ressemblais vaguement à une tortue quand elle se retourne malencontreusement et qu’elle essaie en vain de se remettre sur ses pattes. Jodie a trouvé ça très drôle (je vous jure qu’elle rigolait !) et histoire de m’achever, elle m’a sauté joyeusement dessus !
Inutile de vous préciser qu’à part me tremper le C… je n’ai abouti à rien. Et je suis repartie en boitillant.

La troisième, c’est LA photo de touriste de base, avec le Mont-Blanc derrière.
J’ai honte, des années que je viens en Pays de Savoie (comme diraient mes collègues de France Bleu) et je ne sais toujours pas le repérer sans aide.

N’empêche que d’après mon Iphone (qui est souvent en-dessous de la réalité), j’ai marché près de dix kilomètres et gravi une trentaine d’étages. D’après mon ressenti, j’ai gravi le Mont-Blanc ! (Le ressenti est surmultiplié chez les hypersensibles !)

Mais j’étais motivée.
Vous vous souvenez qu’enfant, vous faisiez parfois des espèces de paris improbables avec vous-même.
« Si le feu passe au vert avant que je compte jusqu’à 7, j’aurai la moyenne en maths » ; « Si je croise au moins 3 voitures bleues avant d’arriver à la maison, Machine m’invitera à sa boum » ; « Si je réussis à sauter 11 fois par-dessus le banc sans le toucher, tout se passera bien ».

Pitié, ne me dîtes pas que j’étais la seule à faire ça… Parce que je le fais toujours.
Et aujourd’hui, quand j’ai vu la montée super raide entre les sapins, et alors que je me disais que je n’y arriverais jamais, prête à lâchement rebrousser chemin, une petite voix m’a balancé : « si tu y arrives, B. va s’en sortir ».
Vous savez comme moi que c’est n’importe quoi. Mais dans le doute, ne voulant faire courir aucun risque à B., j’ai grimpé. Doucement. En faisant des pauses. Mais j’ai grimpé. Et j’y suis arrivée. J’ai rempli ma part du contrat. B., à toi de remplir la tienne.

Après c’était un peu plus facile jusqu’au restaurant Sur les prés, qui bizarrement ne propose aucun plat savoyard, et dans lequel j’ai mangé des orecchiette (des pâtes) aux artichauts ! Leur carte ressemble plus à celle d’une trattoria de Rome avec par exemple des spaghetti cacio e pepe pour ceux qui ont la chance de connaître Rome !
Il y avait même des Spritz.
Avec le recul, j’aurais dû en boire un. Je serais peut-être redescendue plus vite.

Je vous passe le petit moment paranoïaque du jour avec la disparition pendant plusieurs minutes de Jodie. Elle est toujours loin devant moi et en plus, je m’arrête souvent pour faire des photos. Tout à coup, plus de chienne à l’horizon. J’appelle, je tape des mains, je siffle (pour ceux qui ne le savent pas, je siffle très fort avec les doigts dans la bouche comme un vrai routier. C’est pas classe mais c’est vachement pratique !). Rien. Evidement, je suis au croisement avec une piste de ski pour compliquer les choses.
Mauvais plan parce que Jodie ne calcule absolument pas les skieurs et que j’ai toujours peur d’une collision.
Je me tourne et me retourne.
Je tente de jouer les trappeurs en regardant si je ne vois pas de traces de pattes de chien dans un sens ou dans l’autre. BIen sûr, je ne vois rien !
Je siffle encore et encore.
Et là, l’angoisse, je me dis qu’elle est partie dans la forêt, qu’elle est tombée dans une crevasse et que je ne la reverrai jamais (toujours cette histoire d’émotions démultipliées !). En plus, nous sommes sur le Mont d’Arbois et c’est là que j’ai éparpillé les cendres d’Hantson donc elle l’a rejoint. CQFD. C’est fini, c’est plié. C’est le destin.

Jusqu’à ce qu’elle arrive à fond de ballon derrière moi alors qu’elle était censée être devant. Et je ne sais pas ce qui s’est passé mais elle était trempée. Elle a dû tenter de rentrer dans un terrier ou je-ne-sais-quoi mais elle avait l’air contente de me retrouver et moi aussi.

Je pense que vous avez bien mérité un diaporama pour terminer.

Voilà, contrairement à ce que j’ai pu penser parfois, je ne suis ni Sylvain Tesson, ni Paul-Emile Victor ou Roger Frison-Roche mais je pense que vous le savez, l’aventure, c’est avant tout dans la tête que ça se passe. Alors soyez des aventuriers, même dans le quotidien banal, inventez-vous des défis idiots et mangez des pâtes aux artichauts, c’est vachement bon !

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