Au sommet, au firmament, au top !

Enfin !

Après un concert tellement décevant à l’auditorium de Lyon en raison de gros problèmes de son, on a retrouvé Daho comme on l’aime à Chambéry le 21 décembre : simple, chaleureux et content d’être sur scène.

Sans orchestre symphonique mais avec ses 4 musiciens habituels (le bassiste Marcello Giuliani, le claviériste Jean-Louis Piérot, le multi-instrumentiste Mako et le batteur Matthieu Rabaté) auxquels s’est ajouté un formidable quatuor à cordes absolument délirant !

Le chanteur ayant annulé un concert quelques jours auparavant pour cause de virus, sa venue était particulièrement attendue.

Pauvre Etienne… Depuis la rumeur de sa mort en 1994, à chaque fois qu’il tousse, on le déclare en fin de vie. Cette année encore, non sans ironie, il a dû rétablir la vérité sur Facebook en rassurant son public par un “Désolé les gars, je ne suis pas encore mort”.

Les paroles de “Au commencement”, la première chanson ont donc résonné d’autant plus fort et lui ont valu une standing ovation dès le début du show !

Je me sens fort, je n’ai même plus peur de la mort

Je vous rappelle brièvement le concept de cette tournée un peu spéciale : il s’agit de rejouer tout l’album “Eden” dans l’ordre, album préféré de Daho, et qui selon ses propres dires “a coûté la peau du C… mais n’a pas marché”. Une grosse vingtaine d’années après sa sortie, le têtu Etienne a décidé de le remettre à l’honneur et force est de constater que c’est plutôt réussi avec un concert très électro comme le prouve cet extrait de “Me manquer”.

Autre particularité, un choix de chansons très marginales. En plus des 12 titres d’Eden, le chanteur rennais (mais pas que !) a notamment choisi d’interpréter la face B de “Soudain” : un titre fort intitulé “De bien jolies flammes” rappelant ses premières années passées à Oran et les quelques souvenirs qu’il garde de la guerre en Algérie.

Un inédit en intégralité, ne me remerciez pas… enfin si, vous pouvez si vous le souhaitez !

A la fin de la première partie du concert, Daho, visiblement énervé par les ragots, a tenu à revenir sur la rumeur colportée bien vite par les médias et les réseaux sociaux avant d’enchainer sur le mini album “Réserection” enregistré avec le groupe Saint Etienne en 1995.

On a eu droit aussi à une reprise (étrange) de Yoko Ono, aux deux singles de son Best of de 1998 “Idéal” et “le premier jour du reste de ta vie”, seul véritable hit de ce concert !

Et pourtant, tout l’espace Malraux était debout… Un exploit face à un public d’abonnés parfois là un peu par hasard et probablement déstabilisé de connaitre aussi peu de chansons !

Mais c’est là qu’on reconnait les véritables artistes… Ceux capables d’abandonner leur confort en ne jouant que leurs tubes pour satisfaire le plus grand nombre sans prise de risque.

Rien que pour ça, bravo et merci Etienne.

(Même si je l’avoue, je fantasme aussi sur une tournée anniversaire de ses 40 ans de carrière en 2021 avec tous ces plus gros succès enchainés pour nous abreuver de souvenirs !)

Une dernière chose avant de vous laisser reprendre une activité normale comme disaient les Guignols… Suite à une conversation récente avec deux jeunes garçons d’environ 18 ans, j’ai réalisé à quel point Daho avait TOUT compris bien avant tout le monde au milieu des années 90.

Les ados (jeunes adultes ?) nous ont expliquées qu’ils se laissaient le choix pour leur avenir professionnel d’embrasser telle ou telle profession. Puis, quand on leur a parlé d’amour, ils nous ont expliquées à peu près la même chose ! Qu’ils se laissaient le choix d’embrasser telle ou telle personne, indépendamment de son sexe.

Tout ça sans provocation ni revendication, sans honte ni fierté mais le plus naturellement possible. Et je dois bien dire que je les ai trouvés résolument modernes et malins dans ce non choix.

Alors qu’Etienne Daho ne s’est jamais clairement exprimé sur sa sexualité (ce qui a pu lui être reproché d’ailleurs), on s’aperçoit que tout est dit dans “Eden”… pour qui se donne la peine d’écouter et décoder les paroles de ces chansons un peu difficiles certes parce que parfois sans véritables refrains, sans rimes, sans “punchline”.

Mais tout est là !

Je ne vais pas me lancer dans une explication de textes digne de mon année de terminale mais lisez juste ces quelques extraits…

Dans “Au commencement”, quelque soit ce TOI :

Avec toi réapprendre 
partir sur des bases nouvelles 
au diable le bien et le mal 
et les sermons artificiels 
avec toi je suis vraiment moi 
absolument moi

Dans “Un serpent sans importance” Etienne Daho se glisse dans la peau du reptile qui cherche mâle ou femelle qui en croque pour sa pomme.

Il nous donne ensuite “Rendez-vous au jardin des plaisirs”, quelque soit l’objet de vos désirs et pose LA question y a-t-il des raisons d’être fier ? y a-t-il des raisons d’avoir honte ?

Oui tout est là mais le chanteur était sans doute trop en avance pour son temps. D’où le déroutement et la perplexité des fans comme des critiques.

Près d’un quart de siècle après, cet album sonne comme une prophétie avec la promesse d’un Eden pour tous.

Puisse-t-il avoir raison.

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