En Tanzanie, il y a environ 130 ethnies différentes dont certaines ne comptent plus qu’une centaine d’individus !

Nous n’en avons pas croisées beaucoup puisque nous avons passé la majeure partie de notre temps dans les parcs.

Mais Nixon nous a rapidement parlé de quelques unes. Notre guide est issu d’un père Chagga (plusieurs orthographes possibles), une tribu qui vit au pied et sur les pentes du Kilimandjaro et d’une mère Maasaï (là aussi plusieurs orthographes possibles). Elle a dû s’échapper de son village pour vivre avec lui et n’a plus le droit d’y revenir. Le fils, lui, peut retourner dans le village maternel mais pas les filles, qui sont d’emblée accusées d’être aussi “mauvaises” que leur mère !

Nixon a également évoqué en riant une tribu qui passe son temps à mâcher une herbe fraiche nommée Khat, dont l’effet s’apparenterait à la prise d’amphétamine ! Mais finalement, il semblerait que ce ne soit pas drôle du tout puisque ce “mâchouillage” devient un fléau national en créant de véritables problèmes d’addiction.

Il a aussi mentionné les Hadzabe qui vivent autour du lac Eyas. Ce sont des “chasseurs cueilleurs” qui se nourrissent de fruits, de racines et d’animaux tués… avec un arc et des flèches. Le babouin serait la viande la meilleure. (Autant vous dire que je n’ai pas goûté et que je les crois sur parole !)

Mais cette ethnie rencontre un certain nombre de problèmes génétiques dues à la consanguinité et leur territoire se réduit au fil des ans.

Evidemment, le groupe le plus connu c’est celui des Maasaï, dont on a tous entendu parler à défaut de les avoir côtoyés ! Je vais essayer de vous les présenter sans porter de jugement…

Reconnaissables à leurs vêtements colorés, ces semi-nomades vivent principalement dans le Nord de la Tanzanie. Ils ont le droit de s’installer partout, même dans les parcs parce qu’ils ne chassent pas. En revanche, depuis quelques années, ils sont régulièrement menacés d’expropriation par le gouvernement.

Pour en savoir un peu plus, j’ai demandé au guide de nous organiser une visite chez les Maasaï. J’espérais un village authentique, un peu à l’écart mais nous nous sommes retrouvées dans une tribu qui avait l’habitude de recevoir des touristes et tout était parfaitement rôdé. Un peu trop bien rôdé même… Mais, pas de jugement !

C’est le fils du chef qui nous a accueillies et expliqué dans un anglais (relativement) compréhensible le déroulé exact de la visite (pas de place à l’improvisation, il y a un timing à respecter) et le tarif non négociable : 50 dollars, payable d’avance ! Et quand il a tendu sa main, j’ai pu admirer sa jolie montre à quartz…

Pour ce prix là, nous avons eu le droit à un concours de sauts et une danse de bienvenue dont voici un extrait :

Ensuite, il nous a expliqué le fonctionnement du village avec les femmes chargées de construire les maisons, de faire à manger, de s’occuper des enfants et de fabriquer des objets artisanaux et les hommes responsables du bétail et de la sécurité. Sachant que les hommes s’arrêtent de travailler à 35 ans mais qu’il n’a pas évoqué l’âge de retraite des femmes ! (Neutre, je ne dis rien…)

Nous avons visité une de leurs maisons faite de branchages, boue et bouse de vache (je vous rassure, ça ne sent pas !) avec une pièce principale qui fait office de cuisine, salle à manger et chambre pour les parents et un petit coin à part pour les enfants. On ne tient pas debout et inutile de vous préciser que c’est extrêmement sommaire. Mais contrairement à notre civilisation, ici, il semblerait que personne ne dorme dehors et ne meurt de faim.

Ensuite, notre guide du jour nous a expliqué une de leurs habitudes alimentaires traditionnelles. Ils prélèvent du sang sur leurs bovins, sans les tuer, en incisant la veine jugulaire au niveau du cou, à l’aide d’une flèche.

J’ai eu un petit haut le coeur et heureusement nous n’avons pas eu de démonstration ! (Là, direct je tombais dans les pommes !)

Les Maasaï sont polygames mais les femmes ont le droit d’avoir des amants. Ils préfèrent avoir des filles puisqu’ils peuvent les échanger contre du bétail. (Ça va les féministes, vous tenez le coup ?)

Il y a une école dans le village et les enfants apprennent à lire, écrire et compter. En revanche, ils sont obligés de partir s’ils veulent poursuivre leurs études.

Là aussi, nous avons été accueillies par une petite chanson et j’ai vite été envahie de sentiments mitigés. Que pensent-ils de nous ? Que voient-ils en nous ? Des bienfaitrices qui les aident en donnant de argent pour la communauté ou des blancs venus les voir comme on va au zoo…

J’avoue que je me suis sentie mal à l’aise face à tous ces petits gosses se pliant presque mécaniquement aux demandes de leur instituteur. Ils nous dévisageaient… avec envie ou dégoût ? Je n’ai pas senti de haine du tout dans leurs yeux. Plutôt de la curiosité ! Mais est-ce vraiment positif de leur brandir nos iPhones et nos appareils sous le nez, encouragés par les adultes “Allez-y, vous pouvez faire des photos, des vidéos, c’est inclus dans le prix” !

Après la chanson, la démonstration de leur savoir a continué. Et ils nous ont tous bien dit merci et fait au revoir de la main. Ils sont magnifiques (regardez la mine espiègle de celle de gauche !). Mais ça sentait la leçon très bien apprise pour faire plaisir aux touristes, c’est dommage ! Ils n’y sont pour rien évidemment et j’espère que l’argent donné leur servira vraiment à tous, pas seulement à une poignée de privilégiés dans le village.

Enfin, on nous a amenées devant les stands d’objets artisanaux fabriqués par les femmes. Là encore, malaise parce que tu sens bien qu’il serait mal vu de ne rien acheter.

Alors on prend une girafe en bois et un bracelet. Mais il faut négocier. On se met à part. Le fils du chef trace les prix dans le sable, fait semblant d’en référer à la petite dame qui les vend, puis revient, retrace dans le sable. Contreproposition. Moue de la dame. Chiffres dans le sable… Bref, on tombe d’accord et on repart enfin.

On discute un peu de ce progrès avec Nixon qui nous explique qu’il y a du bon dans tout ça ! L’argent servira notamment à apporter de l’eau potable au campement. Et le progrès les pousse à abandonner peu à peu certaines traditions (que je qualifierais bien de “barbare” si je ne m’étais pas engagée à la neutralité) comme la circoncision des garçons et l’excision des filles.

Aujourd’hui encore je ne saurais pas dire si j’ai bien fait de demander à visiter ce village. Et puis en repensant au sourire de cette petite fille, je me dis que peut-être que oui…

Kufuata…

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